Avis | Quand être bon est juste une question de chance

New York Times - 20/09
Le concept de « chance morale » remet en question les hypothèses sur la manière d’évaluer le blâme.

La peine pour meurtre est plus sévère que celle pour tentative de meurtre. Mais la raison n’est pas tout à fait évidente. La personne qui a essayé de tuer mais qui a échoué est une personne tout aussi mauvaise.

Une explication est un terme que j’ai entendu pour la première fois cette semaine, « chance morale ». Bernard Williams, un philosophe anglais, a inventé le terme en 1976, sachant qu’il époustouflerait les gens. « Lorsque j’ai introduit pour la première fois l’expression chance morale, je m’attendais à suggérer un oxymore », écrivit-il plus tard.

D’un certain point de vue, la moralité ne devrait rien avoir à voir avec la chance. Tout ce qui compte, c'est l'intention, pas le destin. Emmanuel Kant, le philosophe allemand, a écrit qu'un acte de bonne intention brille comme un joyau, qu'il atteigne ou non son objectif.

Même les jeunes enfants comprennent, par nature ou par culture, que l’intention compte. À l’âge de 3 ans, les enfants seront plus gentils avec « quelqu’un qui a eu l’intention, mais n’a pas réussi, d’en aider un autre, plutôt qu’avec quelqu’un qui avait eu l’intention, mais n’a pas réussi, de lui faire du mal », ont découvert les chercheurs. (J'ai écrit sur l'éducation des enfants et la responsabilité morale en avril.)

Pourtant, nous avons cet...
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